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Eiffel Tower in the night

Hier, j’ai eu peur

Hier, nous étions de sortie avec Mathieu, improvisée à la dernière minute.

Nous travaillons dans le 10ème, à 900 mètre du Petit Cambodge. Je peux vous dire que je suis très heureux de ne pas avoir fait charrette hier.

Nous sommes allés au bar le Bonne Nouvelle à pieds. Heureusement, le son était vraiment assourdissant dans le bar et nous avons donc décidé d’aller manger ailleurs. Nous avons été alors à Mamie Burger, dans le 9ème. Le Bataclan était à 25 min à pieds, nous étions donc hors de danger.

Première info via SMS

Je ne sais plus qui dans le groupe, nous dit alors qu’il y a eu une explosion dans le XXème. Nous y étions 20 min avant donc je plaisante là-dessus, ne croyant pas encore à l’attaque terroriste.

Rapidement, les infos arrivent sur les téléphones. SMS, Whatsapp, Facebook. On reçoit tous des messages de partout. D’ailleurs les portables des autres s’éteignent faute de batterie. Rapidement, l’atmosphère change dans le restaurant.

On s’échange les infos avec le reste du groupe, plusieurs explosions, des gens à pied qui tirent dans la capitale. On se fait peur à force d’en parler et on décide de manger calmement, les autorités ayant déclarés qu’il fallait rester où l’on était.

Mon père m’envoie un sms pour me demander si je vais bien. Je lui dit que tout va bien.

La serveuse était terrorisée, elle était complètement ailleurs, et je la comprends facilement. L’une de nous craque et pleure, bref nous étions tous sur les nerfs.

A la fin du repas, les chiffres de morts et blessés sont affolants, déjà 30 morts. A ce moment là, nous ne savons plus que faire, on scrute la rue, certaines personnes demandent de fermer les portes du restaurant.

J’appelle la police pour savoir si l’on peut rentrer chez soi. La dame me dit grosso modo que ce n’est pas dans la zone des attentats et qu’elle ne voyait pas d’inconvénient à ce que je rentre.

Je décide de rentrer avec Fred. Je dois auparavant la déposer au train à Saint Lazare. Nous marchons donc à la troisième vitesse. Les gens sont dehors pour rentrer. Beaucoup de monde dans les rues, tout le monde rentre chez lui. Quelques uns courent.

Ma mère a été réveillé par mon père et tente de me joindre mais les réseaux saturent. Je la rappelle et la rassure.

Je prends la ligne 6. Sur le haut parleur, une voix d’un monsieur dit que certaines stations sont fermées sur demande de la police. La voix du monsieur est… précipitée et alarmante ! Rien pour rassurer.

Je scrute chaque quai avec appréhension, c’est interminable, imaginant je ne sais quel terroriste arrivant dans la rame pour tirer sur tout le monde. Non, j’arrive à Alésia vers 1 heure, je sors du métro et dans la rue encore beaucoup de gens. Des sirènes résonnent partout. J’entends des hélicos dans l’encre du ciel très noir.

Je rentre dormir et je regarde les infos jusqu’à 2h30 du matin. Je vois en direct le carnage du Bataclan. Là où j’avais passé une superbe soirée avec mes amis il y a 3 ans.

Ce matin, je m’installe au Starbuck pour écrire ceci, ça me fait du bien et je ne voulais pas rester chez moi, je voulais voir les parisiens reprendre leur vie. C’est ce qu’ils font.

Fluctuat nec mergitur. Il est battu par les flots mais il ne sombre pas.
Aujourd’hui, Paris n’a jamais mieux porté sa devise.

On est si peu de choses.

Don’t forget to play.

P.S. : du coup, je me suis permis un cookie nutella.

 

 

About the author Styven

Je poste de tout ici, photos, impression, vidéo. C'est une trace que je laisse pour me rappeler des choses que j'ai tendance à oublier...

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3 Comments

  1. Ça fait grossir.

    Discussion avec Claude (Tonnégrande). Je lui annonçais ta venue jeudi et les motifs. Il me dit : il va faire pâtissier à Chicago. Tu parles ! Il va se faire fourrer. Mais je suis hors sujet (mais je lui avais promis de te dire).

    Reply

  2. Toujours aussi fort à propos !

    Reply

    1. Dis qu’il est gros, aussi !

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